
La pub bientôt bannie des écrans de France télévisions passera-t-elle directement sur ceux de TF1 et M6, dont le volume publicitaire va croître grâce à un décret de Christine Albanel? C'est la crainte des professionnels des autres médias, mais aussi des téléspectateurs.
89% des Français ne veulent pas d'une augmentation de la publicité sur TF1 et M6.
C'est le principal enseignement d'un sondage Opinion Way réalisé début septembre pour le Groupement pour le pluralisme des médias (auquel adhère le Syndicat professionnel de la presse magazine d'information, dont est membre L'Express).Cette structure, qui rassemble des chaînes de la TNT, du câble et du satellite, des stations de radio ainsi que des groupes et organismes de presse écrite, milite ardemment contre la prochaine augmentation du volume publicitaire diffusé sur TF1, M6 et Canal+. Cette hausse, bientôt officialisée par un décret de la ministre de la Culture et de la communication Christine Albanel, aurait, selon le Groupement, un impact de plus de 500 millions d'euros.
Les petites chaînes comme la presse écrite craignent en effet que l'arrêt de la pub sur France Télévisions au 1er janvier 2009 se fasse au bénéfice exclusif des grosses cylindrées que sont TF1 et M6, alors que la presse écrite en particulier traverse une grave crise de ses recettes publicitaires.
Les membres du Groupement réclament donc un report de cette augmentation du volume publicitaire, le temps d'étudier les transferts entre médias qui pourraient avoir après la disparition des écrans commerciaux sur les chaînes publiques et que soient revalorisés les tarifs publicitaires en vigueur.
Les autres réponses au sondage Opinion Way les confortent dans leur démarche. 53% des personnes interrogées sont certes favorables à la suppression de la publicité sur le service public, mais elles sont entre 81% et 71% à trouver qu'il y en a, respectivement, trop sur TF1 et M6.
Le souhait d'augmenter la pub sur les chaînes privées hertziennes est assez mal perçu: cela risque de nuire au pluralisme des médias (66% des réponses) et cela pénalisera la presse écrite et les radios (56%). Enfin, pour 64% des personnes interrogées,
cette hausse a été décidée pour favoriser TF1, M6 et Canal+.
Source: lexpress