Le journaliste de Canal + frappé par les CRS

Cela c’est produit mardi 12 octobre vers 20h à Bastille à Paris à la fin de la manifestation contre la réforme des retraites. L’homme qui a filmé la séquence est Hugo Hayat qui à poster cette vidéo sur le compte Dailymotion de l’agence de presse Moas Press.

On y voit un journaliste de Canal+, Thierry Vincent, recevoir des coups de matraque de la part des CRS.



Contacté par le site Internet Le Post, il apporte son témoignage :

1. Le journaliste de Canal + : "Je n'avais jamais vécu ça"



Thierry Vincent, journaliste à Canal +, raconte: "Je suis souvent allé dans des manifs violentes dans le cadre de mon métier, je n'avais jamais vécu ça".

Expliquez-nous le contexte de cette vidéo...
"Cette scène s'est passée mardi vers 20 heures à Bastille (à Paris, ndlr). J'étais allé manifester en tant que simple citoyen. Puis on s'est retrouvé avec des amis. D'un coup, j'ai vu qu'il y avait des échauffourées de l'autre côté, alors j'ai sorti ma carte de presse. On m'a laissé passer derrière, mais c'est lorsque j'ai voulu repartir que cela s'est compliqué."

C'est-à-dire ?
"Sur cette vidéo, je suis énervé car avant j'ai déjà pris des coups de matraque. J'ai vu Hugo Hayat (le cameraman qui a filmé les images), et je lui ai donné l'autorisation de filmer."

Avez-vous déjà vécu ça lors de précédentes manifestations ?
"Je suis souvent allé dans des manifs violentes dans le cadre de mon métier, mais je n'avais jamais vécu ça. D'habitude, les CRS nous laissent passer, au pire ils nous demandent de nous mettre sur le bord. Je pensais que la carte de presse était censée protéger les journalistes.... Car je répète, je n'étais pas du côté de ces manifestants, je n'en faisais pas partie."

Quelles suites voulez-vous donner à cette affaire ?
"Aucune je pense. Ce matin, je suis arrivé tranquillement à la rédaction. J'ai un peu mal au genou, mais c'est plus de la violence psychologique. J'ai été choqué. Pour tout vous dire, j'ai mal dormi cette nuit."

2. Le caméraman: "Les policiers ont tout de suite chargé"



Joint par Le Post, Hugo Hayat, celui qui a filmé la scène pour Moas Press, revient également sur le contexte dans lequel s'est déroulée cette scène.
"Cela s'est passé vers 19h30-20 heures hier à Bastille à Paris. Il y avait environ 300 manifestants qui restaient sur cette place. Ils étaient réunis autour d'un feu de joie. Les pompiers sont arrivés pour éteindre le feu, mais ils ont été bloqués par les manifestants. Mais c'était pacifiste".

Le caméraman poursuit: "Les policiers ont tout de suite chargé. La consigne c'était on dégage tout le monde, et on frappe tout de suite. C'était assez violent".

"Quand je vois Thierry Vincent, je le filme, on comprend qu'il s'est déjà fait molesté avant. Beaucoup de photographes et d'autres personnes ont aussi été victimes de ces violences", explique Hugo Hayat, qui précise qu'il diffusera d'autres vidéos dans la journée.

3. La préfecture de police, pas encore (?) au courant d'échauffourées



Contacté par Le Post, la préfecture de police de Paris nous a indiqué ne pas avoir eu connaissance "pour l'instant" d'échauffourées dans ce quartier de Paris, mardi soir, mais qu'elle compte refaire un point rapidement.


Source: lepost.fr / 2000.watts